Journa de bord #8 :Le jour où j’ai compris que l’inspiration ne se commande pas
J’ai longtemps cru qu’il suffisait de s’asseoir à son atelier pour créer.
Comme si l’inspiration nous attendait sagement.
Comme si elle arrivait à heure fixe.
J’ai vite compris que cela ne fonctionnait pas ainsi.
Il y a des jours où une création naît presque naturellement.
Une pierre attire mon regard.
Une couleur s’impose.
Les nœuds s’enchaînent avec une facilité presque déconcertante.
Et puis il y a d’autres jours.
Des jours où rien ne vient.
Je regarde mes fils.
Je déplace les pierres.
J’essaie.
Je défais.
Je recommence.
Et parfois, je finis par tout ranger.
Au début, je vivais ces journées comme un échec.
Aujourd’hui, je les regarde autrement.
J’ai compris que l’inspiration n’était pas une machine que l’on met en marche.
Elle ressemble davantage à une visiteuse discrète.
Elle arrive quand on lui laisse de la place.
Elle apparaît parfois au détour d’une promenade.
En préparant le repas.
En regardant un coucher de soleil.
Ou simplement en observant les couleurs d’une pierre sous une lumière différente.
Alors j’ai arrêté de vouloir tout contrôler.
J’accepte désormais que certaines créations aient besoin d’attendre.
Qu’elles mûrissent doucement.
Qu’elles prennent leur temps.
Finalement, je crois que le micro-macramé m’apprend une chose précieuse.
Tout ne peut pas être planifié.
Certaines des plus belles idées naissent justement lorsque l’on accepte de ne pas les forcer.
Et peut-être que la vie ressemble un peu à cela.
Nous voulons souvent savoir où nous allons.
Prévoir chaque étape.
Maîtriser chaque détail.
Alors qu’il suffit parfois de faire confiance au prochain nœud.
Le reste finit souvent par apparaître.
